Rien du tout. Le macadam sous les pieds, les néons dans le ciel. Je marche.

Rien. Le néan de l'infini, le bordel d'un monde en ruine.

Je marche. La route est droite, elle se perd si loin devant. Craquelée. Je crois que la ferraille hurle, que le goudron gronde. Je crois que le vent m'aveugle et me rend sourde. Pourtant, j'entends le silence, il est partout, il crie si fort. Pourtant je vois le vide au milieu de ces tas de briques, il est si proche, il m'engloutit.

Je marche. Un peu plus loin ça clignote et ça bipe. Quelqu'un doit être mort.

Je marche. Vers un truc qui restera peut être. Un petit tout. Vers de la vraie vie quelque part.

Je marche. Il fait si chaud. La glue noire fond et se meut, je sombre. Je pense que je meurs un peu.